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Réponse aux allégations du SNOF remettant en cause notre intégrité professionnelle

Tous les spécialistes du secteur ont sans doute vu aussi passer vendredi dernier une dépêche AFP sur une étude CSA / SNOF faisant état de délais très inférieurs (43 jours) pour un rendez-vous avec un ophtalmologue à ceux annoncés dans l’étude Medicine4i / Harris Interactive de février-mars 2019 (101 jours) ou dans celle de la DREES de 2018 (80 jours). Devant l’importance de l’écart, nous nous sommes interrogés sur les conditions de réalisation de cette enquête. Elle a des caractéristiques qui interpellent pour le moins :


1. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un sondage de l’institut CSA, qui n’a semble-t-il fait que le terrain (recueil des données auprès des professionnels interrogés), qui n’a pas publié à notre connaissance de rapport et qui n’a semble-t-il pas été associé à l’exploitation des données, réalisée par un freelance mandaté par le SNOF, docteur en géographie, discipline pour le moins éloignée du sujet.

2. L’enquête a été réalisée auprès des professionnels et non des patients : il s’agit donc d’une « enquête mystère », les rendez-vous étant pris par des enquêteurs qui appellent les ophtalmologues, ce qui exclut toute comparaison avec celles de la DREES et de Harris Interactive-Medicine4i, ces deux enquêtes récoltant les déclarations des patients eux-mêmes. Les délais calculés dans l’enquête SNOF sont fonction des premiers rendez-vous disponibles alors que les patients indiquent les délais réels et les écarts peuvent être considérables, l’agenda des deux parties étant très souvent incompatibles (ce n’est pas parce que le premier rendez-vous disponible dans l’agenda du médecin est le jeudi 13 juin à 16h45 que chaque patient peut se libérer à cet horaire). Nous avions fait en 2011 avec l’IFOP une enquête à deux volets (enquête mystère auprès des médecins versus enquête classique auprès des patients) et l’écart, pour l’ensemble des spécialités retenues était énorme : 15 jours de délai moyen pour les professionnels contre 44 pour les patients. La suite a montré que les patients avançaient des chiffres beaucoup plus proches de la vraie vie que les professionnels.

3. Le chiffre indiqué de 43 jours correspond à la médiane, qui n’est pas une donnée pertinente dans des cas où la dispersion des réponses est trop grande. La DREES donne à titre indicatif cette valeur, mais indique bien en premier, comme nous, la moyenne, seule information réellement significative, pourtant écartée d’autorité par le SNOF. Par ailleurs, le SNOF n’indique par ailleurs pas comment cette médiane a été calculée et comment elle a été pondérée régionalement, l’essentiel des délais se situant en-dessous de la médiane se concentrant, sur une base nationale, en région parisienne et en PACA.

4. Les modalités de prise en compte des rendez-vous en ligne, qui exige des retraitements significatifs, n’est pas précisée.

En résumé, cette enquête n’est pas un sondage stricto sensu en termes de méthodologie, elle n’est pas comparable aux autres enquêtes réalisées sur le même sujet, la mention de CSA est abusive, les résultats n’ayant manifestement pas été validés par cet institut et les conditions de traitement des données brutes par un expert en géographie sont pour le moins étonnantes.


Le SNOF n’ayant pas hésité à nous dénigrer publiquement sur Twitter, nous lui recommandons vivement de faire très vite la transparence sur la méthodologie détaillée qu’il a utilisé et les modalités de calcul de ses résultats. Il va de soi que nous ne nous satisferons pas des affirmations péremptoires du Docteur Bour et qu’une certification détaillée par son partenaire CSA de ces éléments serait bienvenue.


Pour notre part, nos enquêtes, entachées selon lui de méthodes douteuses, ont été réalisées sur la base de méthodologies définies par l’IFOP (2011, 2012, 2014 et 2017) et Harris Interactive (2019) et les résultats publiés ont été formellement validés par ces instituts, qui ne sont a priori pas des officines louches ; nous n’avons donc rien à cacher et sommes prêts sans réticence au même exercice.


Mathias Matallah

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