• Mathias Matallah

#PlusJamaisCa : L’économie en enfer

La gestion gouvernementale de la pandémie est en train de nous mener tout droit à la plus grave récession depuis 1848. Le PIB pourrait baisser de 20 % ou plus par rapport à celui de 2019 et ce chiffre pourrait dépasser les 30 % sur les 2ème et 3ème trimestre. Le chômage partiel concerne désormais 3 salariés du privé sur 5 et le taux de chômage qui en découlera pourrait atteindre son plus haut niveau depuis 1945.



La dette et le déficit budgétaire vont exploser, reléguant la France durablement en deuxième division de l’Union Européenne, où elle va retrouver notamment l’Italie et l’Espagne, ses camarades de jeu du confinement autoritaire et policier. A ce stade, il n’est pas exclu qu’en cas de remontée des taux longs, nous nous retrouvions dans la même situation que la Grèce au début des années 2010.


La déflation des actifs, financiers, immobiliers et autres qui s’ensuivra va durablement appauvrir les épargnants, qui avaient bénéficié d’une décennie exceptionnelle de valorisation.


Ils réagiront logiquement en augmentant leur taux d’épargne au détriment de leur consommation. Et ce d’autant plus que l’effondrement des cotisations sociales va provoquer une forte pression à la baisse des prestations sociales, santé et retraite principalement.


Ce scénario catastrophe peut-il encore être évité ? Oui, à condition que le gouvernement arrête de retarder indéfiniment un retour à la normale, notamment en Région Ile-de-France, poumon de l’économie nationale. Qu’il cesse aussi de retarder indéfiniment la réouverture des lieux publics, hôtels et restaurants notamment, qui sont vitaux pour la survie économique de régions entières. Qu’il tourne enfin définitivement la page de sa communication mortifère visant à créer un climat de peur permanent, une économie ne pouvant pas redémarrer avec des agents économiques atteints de stress post-traumatique aigu.


Si ces conditions ne sont pas très vite réunies, notre économie ne redémarrera jamais et nous irons rejoindre en enfer l’Italie et l’Espagne, qui sont en train de tuer, dans un accès de folie suicidaire, des pans entiers de leur économie, tourisme pour les deux et industrie du luxe pour l’Italie. Pas plus qu’eux, nous ne pourrons nous maintenir dans la zone euro et le retour au franc transformera une récession profonde en grande dépression.



Un saut dans le vide sans parachute


Comment avons-nous pu en arriver là ? En nous jetant dans le vide du confinement sans parachute économique. J’ai dit et écrit dès la fin du mois de mars que le confinement était le pire de tous les choix parce qu’en dehors de la mascarade chinoise de Wuhan, on n’avait aucun précédent dans l’histoire moderne permettant de valider son efficacité. Et qu’on n’avait pas non plus de référence sur les conséquences d’un arrêt complet d’une économie pendant plusieurs mois.


J’ai subi pendant quelques semaines les quolibets et insultes des bonnes âmes qui m’accusaient de privilégier mon confort matériel à la vie humaine. Depuis qu’elles ont soudainement pris conscience qu’elles risquaient de se retrouver sur la paille pour qu’on puisse prolonger inutilement les souffrances de vieillards en fin de vie, on ne les entend plus beaucoup…


Et ce d’autant que des doutes substantiels commencent à se faire jour sur l’efficacité du confinement. La pandémie s’éteint doucement en Suède, qui n’a pas confiné, comme en France et elle y a fait beaucoup moins de victimes en proportion de la population que chez nous.


On sait aujourd’hui que le taux de reproduction du virus, c’est-à-dire du nombre de personnes qu’un cas peut contaminer, est très inférieur aux 3,4 avancés par l’OMS sur la base de mensonges chinois. Or ce sont ces chiffres qui ont permis au fou d’Imperial College, Neil Ferguson, de prédire le châtiment de Dieu, sous forme de millions de morts, aux gouvernements européens. Il n’y aurait jamais eu de confinement sur la base du vrai taux, qui n’a sans doute jamais dépassé 1,5.


Suprême ironie, la Suède est sans doute au seuil de l’immunisation collective, car contrairement à ce que l’on a fait croire aux populations confinées, celui-ci n’est pas fixe mais fonction du taux de reproduction du virus. Le seuil de 60 à 70% correspond à un taux de 3,4, mais il n’est plus que de 33% s’il est en réalité de 1,5.


Il est donc probable que le confinement a été une tragique erreur, et ce d’autant qu’il a entraîné un arrêt, partiel ou presque total selon les pays, de l’économie. Le confinement à la française est quant à lui une anomalie génétique. Un seul chiffre montre à quel point les choix faits par le gouvernement français ont été destructeurs : fin avril, 90% des chantiers de BTP étaient à l’arrêt alors que ce ratio était inférieur à 10% en Allemagne.



Le printemps des marchands de sable


Le péché originel qui a plongé en enfer notre économie a été le discours du président de la République du 16 mars. Il y a expliqué en substance que l’État paierait la facture et qu’il garantirait le maintien des salaires pendant le confinement au travers d’un régime de chômage partiel particulièrement généreux.


Arriva ce qui devait arriver : la grande majorité des entreprises s’est mise au chômage technique et il y avait en France à la fin du mois d’avril 11,5 millions de chômeurs partiels contre 3 millions en Allemagne. On ne fait pas impunément ce genre de promesses dans un pays où la culture du travail s’est profondément érodée depuis la loi sur les 35 heures.


L’État a tenu ses engagements et le système de chômage partiel est l’une des rares choses qui ait correctement fonctionné dans cette période de déliquescence de l’administration. Mais avec quel argent l’a-t-on financé, ainsi que toutes les autres mesures de soutien à l’économie, qui vont coûter des centaines de milliards d’euros ? En laissant filer sans limite le déficit budgétaire, qui devrait passer à 10 % du PIB cette année contre 3 % en 2019. Et en le finançant par une colossale augmentation de la dette publique, qui était pourtant déjà considérée comme alarmante au début de la crise.


Cette dérive folle des finances publiques est-elle soutenable à terme ? Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, n’y croit guère et passe son temps à réciter des passages des « Raisins de la colère » de Steinbeck et à clamer que nous ne sommes plus en 2020 mais en 1929. Mais personne ne l’écoute et le Président et le Premier ministre préfèrent pratiquer la politique de l’autruche et faire comme si tout cela n’était qu’une péripétie.


Emmanuel Macron aurait pourtant dû être alerté par la réaction des pays riches du nord-est de l’Europe quand il leur a demandé de mutualiser la facture de la crise au travers de « coronabonds » garantis au niveau européen. Ils lui ont poliment opposé une fin de non-recevoir avant de finalement se résigner à un compromis bancal qui ne les engage en fait pas à grand-chose. Le message est clair : au-delà des apparences, chacun assumera seul les conséquences de sa gestion de crise.


Dans le tintamarre ambiant, une interview en mars d’Ursula von der Leyen, la présidente de la commission européenne, est passée presqu’inaperçue. Elle y expliquait pourtant que si les déficits budgétaires pouvaient filer dans un premier temps, une refondation de l’euro serait incontournable d’ici à 2 ans. En substance, il faudra bien que l’orgie s’arrête et que l’on retourne vite à la case Maastricht.


Dans la mesure où elle sait pertinemment que les pays du sud ne pourront pas se remettre à niveau dans un délai aussi bref, elle n’exclut pas une explosion en vol de la zone euro, qui aurait des conséquences catastrophiques pour des pays qui vivent très au-dessus de leurs moyens depuis beaucoup trop longtemps à son goût.



Vers une crise systémique de l’économie réelle


Ce que n’ont pas compris nos dirigeants, mais aussi la grande majorité de leurs homologues étrangers, est que nous sommes confrontés non pas à une crise financière majeure mais à une crise systémique de l’économie réelle que l’on ne peut pas régler à coups de milliers de milliards de dollars d’injection de liquidités. En substance, que le covid n’est pas un produit financier toxique comme les subprimes, mais bien une machine à détruire des pans entiers de l’économie. En tout cas, dans le contexte désastreux créé par le confinement.


Prenons un exemple simple, celui du premier employeur mondial, le tourisme, de loisir ou d’affaires. La fermeture partout dans le monde des hôtels, des restaurants et des lignes aériennes est en train de mettre durablement au chômage des dizaines de millions de travailleurs de tous les pays. Les imbéciles s’imaginent que tout va revenir à la normale dès la fin de la pandémie, mais c’est justement parce que ce sont des imbéciles.


La réalité est loin d’être aussi simple. Les frontières seront les dernières à rouvrir, personne ne voulant prendre le risque d’importer une hypothétique deuxième vague. Aux États-Unis, on parle déjà d’une fermeture pour au moins 12 mois de l’espace aérien à l’écrasante majorité des vols internationaux. Or pas de liberté de circulation, pas de tourisme.


Même dans un scénario de réouverture rapide des frontières, le redémarrage du tourisme est hypothétique. Les touristes asiatiques reviendront-ils rapidement faire du shopping à Paris ? Les habitants du nord-est reviendront-ils comme si de rien n’était en France, en Italie ou en Espagne ? Personne n’en sait rien en réalité et même en cas de scénario rose, personne ne sait combien de temps ça prendra.


Pour le tourisme d’affaires, les perspectives sont encore plus sombres. Beaucoup de grandes entreprises vont saisir l’opportunité de réduire dans des proportions énormes leurs frais de déplacement et de représentation. Pour cela, elles vont se doter de plates-formes ultra-sophistiquées de vidéo-conférences qui leur permettront d’organiser à moindres frais des conférences virtuelles. Plus de frais de transport, d’hôtellerie et de restauration à supporter, grâce à des technologies qui sont déjà parfaitement au point mais qui étaient sous-utilisées jusqu’à présent du fait du poids des habitudes.


Le collapse probable du tourisme sous sa forme actuelle aura des effets en chaîne qu’on commence tout juste à mesurer. La crise du transport aérien plongera dans la tourmente tout le secteur aéronautique, celui qui fabrique ces airbus si importants pour nos emplois et notre balance commerciale. La chute du tourisme d’affaire et la restriction draconienne prévisible des frais de réception des entreprises tuera l’essentiel de la restauration d’une ville comme Paris, qui en vit. Et des exemples comme ceux-là, il y en a des centaines.


Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, cette crise ne créera pas nécessairement de nouvelles tendances. En revanche, elle donnera un formidable coup d’accélérateur à celles qui étaient déjà à l’œuvre dans le monde d’avant. Au-delà de ce qui vient d’être décrit, des tendances encore émergentes il y a 3 mois comme le télétravail vont devenir la norme, et sinistrer au passage tout le secteur de l’immobilier de bureaux.


Le monde d’après ne ressemblera que de loin à celui d’avant. Des centaines de millions d’emplois seront menacés et il faudra très longtemps pour les remplacer. A bien des égards, le covid est en train de renvoyer une certaine forme de capitalisme, celle que nous avons vécu ces 40 dernières années, aux oubliettes de l’histoire. La nature ayant horreur du vide, elle sera remplacée par autre chose, mais bien malin celui qui est capable aujourd’hui de dire en quoi cela consistera.


L’occident dans son ensemble a choisi de sauter dans le vide sans parachute et l’atterrissage s’annonce particulièrement périlleux. Notre seule exception est que nous avons fait encore bien pire que les autres. Pour ne pas aggraver notre cas, faisons au moins en sorte que ça n’arrive plus jamais.


Mathias Matallah, CEO


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