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Le saviez-vous ? # 5 - L’explication des traitements par le médecin est une obligation légale

L’explication des traitements et de leurs effets secondaires n’est pas une cerise sur le gâteau qui serait à la discrétion du médecin mais le gâteau lui-même...


Nous avons réalisé au printemps 2019 avec l’institut de sondages Harris Interactive la plus grande étude jamais menée en France sur les préoccupations et attentes des Français en matière de santé. Cette étude, menée auprès de 4000 personnes en population générale et de 400 diabétiques de type 2, apporte un éclairage intéressant sur les raisons pour lesquelles 1 patient sur 4 ne prend jamais les traitements qui lui sont prescrits et 1 sur 3 de manière trop irrégulière pour qu’ils fassent effet. Il en ressort notamment que :


· 1 patient sur 3 déclare ne jamais recevoir jamais d’explication de son médecin sur le traitement qui lui est prescrit et ses effets indésirables ; seul 1 sur 6 déclare recevoir une explication systématique et satisfaisante


· 1 patient sur 2 en affection de longue durée (ALD), auquel sont pourtant prescrits des traitements lourds sur des périodes pouvant être très longues, déclare qu’il ne bénéficie d’aucun suivi de ses traitements de son médecin


· 7 patients sur 10 sujets à des effets indésirables se déclarent incapables de faire la distinction entre ces effets et une nouvelle affection


Cette étude apporte ainsi un éclairage radicalement différent de celui généralement donné par la littérature scientifique internationale sur le faible niveau d’observance des traitements médicamenteux par les malades. Un patient qui ne reçoit pas d’information sur son traitement de son médecin traitant n’a pas d’autre alternative que la lecture des notices d’information des médicaments prescrits pour s’informer. Or, de l’avis unanime des médecins de notre comité scientifique, ces notices, qui décrivent tous les effets indésirables recensés, y compris ceux qui surviennent dans un cas sur un million, sont tout à la fois illisibles par un patient compte tenu de leur format et anxiogènes pour lui compte tenu de leur contenu.


Au-delà des aspects psychologiques et sociaux largement mis en avant jusqu’ici, la responsabilité du corps médical est donc clairement engagée. Théoriquement, le Code de la santé publique et le Code de déontologie médicale prévoient pour les médecins une obligation d’explication transparente des traitements prescrits. Or dans la réalité, cette obligation n’est respectée systématiquement que dans 1 cas sur 6.


Pour justifier cet état de fait, le corps médical se réfugie derrière un effet « nocebo » : une explication trop précise conduirait à amplifier les effets indésirables pour le patient et il serait donc dans son intérêt de rester dans l’ignorance. Nous n’avons trouvé dans la littérature internationale aucune étude venant à l’appui de cette thèse.


Les vraies raisons de ce déficit d’information, qui explique au moins en partie le niveau élevé de non-observance des traitements médicamenteux, sont plus vraisemblablement l’absence de formation continue et le retard technologique d’une profession médicale dont la moyenne d’âge (55 ans environ) est particulièrement élevée. La pharmacopée actuelle comprend plusieurs milliers de molécules et il est rigoureusement impossible pour un médecin traitent de maîtriser cette complexité sans avoir recours à des outils digitaux sophistiqués. A ce retard technologique s’ajoute la durée des consultations, clairement insuffisante pour un dialogue constructif entre le médecin et son patient. Une consultation de spécialiste dure moins d’un quart d’heure et la durée moyenne d’une consultation de spécialiste est à peine supérieure à celle d’une consultation de médecine générale.


L’effet « nocebo » n’est, quant à lui, pas opposable par le corps médical pour justifier sa carence. L’explication des traitements dans leur globalité (effets secondaires, alternatives thérapeutiques, etc.) est une obligation légale pour les médecins. Ils ont le devoir de veiller à la compréhension des traitements et de leurs effets secondaires par le patient. Selon les articles R.4127-34 et R.4127-35 du Code de la santé publique :


« Le médecin doit formuler ses prescriptions avec toute la clarté indispensable, veiller à leur compréhension par le patient et son entourage et s’efforcer d’en obtenir la bonne exécution»


« Le médecin doit à la personne qu’il examine, qu’il soigne ou qu’il conseille une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu’il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension ».


L’explication des traitements n’est donc pas une cerise sur le gâteau qui serait à la discrétion du médecin mais le gâteau lui-même. Certains praticiens font mine de l’ignorer et profitent du laxisme indécent du Conseil de l’ordre (CNOM), théoriquement censé faire respecter le Code de déontologie médicale, pour perpétuer des mauvaises habitudes qui ont souvent des conséquences dramatiques pour les malades.


Nous avons créé www.Medieval4i.com pour que les patients puissent enfin disposer d’une plate-forme indépendante d’évaluation de leurs médecins sur laquelle ils pourront à l’avenir témoigner et partager leurs avis, ce qui fera que chacun d’entre eux apportera sa contribution à une meilleure prise en charge de centaines de milliers d’autres malades.



A suivre : Le saviez-vous ? #6

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