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Le saviez-vous ? # 4 - 1 consultation de spécialiste sur 4 dure moins de ¼ d’heure !

Accès et qualité des soins, inégalités… l’étude Harris Interactive pour Médicine4i est riche en surprises à bien des égards.


Rappelons au préalable que nous avons réalisé en février-mars dernier avec l’institut Harris Interactive la plus grande étude jamais menée sur les préoccupations de santé des Français. Dans le cadre d’une méthodologie indiscutable, nous avons travaillé sur un échantillon représentatif de 4000 personnes. Nous avons par ailleurs considérablement étoffé le volet consacré à la qualité de la prise en charge des patients tout en continuant, comme par le passé, à dégager les tendances détaillées d’accès aux soins.


Le passage du délai d’attente pour une consultation chez un spécialiste de 44 à 67 jours en 8 ans (soit une augmentation de 50%) ne nous a pas vraiment surpris. Ce chiffre augmente régulièrement du fait de la démographie médicale et du changement du mode d’exercice de nombreux spécialistes (dermatologues, ophtalmologues, obstétriciens…) qui préfèrent se concentrer sur des activités autrement plus lucratives et moins encadrées (médecine esthétique, chirurgie laser…) que les consultations. Nous anticipons à l’horizon 2025 et dans un scénario très optimiste un passage de 67 à 85 jours, le pire est donc devant nous.


Nous nous attendions également aux disparités régionales de plus en plus choquantes entre Paris et sa proche banlieue riche d’une part et le reste de la France, à l’exception de quelques métropoles encore relativement épargnées, d’autre part. La désertification accélérée en médecine spécialisée du Grand Ouest, de la Normandie jusqu’au Val-de-Loire, devient certes extrêmement préoccupante mais n’est pas un scoop pour autant. Une véritable fracture entre une France riche, concentrée en région parisienne et dans quelques grandes villes de province, où les plus privilégiés bénéficient encore d’une médecine d’excellence aisément accessible, et le reste de la France, où l’accès à une médecine spécialisée, au demeurant rarement d’excellence, est devenu un parcours du combattant, est en train de se produire, avec les conséquences explosives que cela peut entraîner.


Nous avons en revanche été très surpris par les indicateurs de qualité que l’étude Harris Interactive pour Medicine4i a mis en évidence : une consultation de spécialiste a une durée moyenne à peine supérieure à celle d’un généraliste (21 mn contre 17) alors que les cas traités sont a priori beaucoup plus complexes. Une consultation de spécialiste sur quatre dure moins d’un quart d’heure, ce qui relève plus de l’abattage que d’une médecine de qualité. Cette durée est indépendante du montant des honoraires payés : un spécialiste qui facture 80 euros sa consultation ne vous consacrera pas plus de temps que celui qui n’en facture que 40.


Les conséquences de ce qui précède ne sont pas anodines, le temps consacré par un médecin spécialiste à son patient étant la pierre angulaire d’une médecine de qualité. Il est difficile de caser dans une consultation menée au pas de charge les explications nécessaires sur les traitements prescrits et leurs effets secondaires, d’assurer le suivi de ces traitements et plus généralement de créer une relation de confiance avec le patient, qui est pourtant pour ce dernier un facteur essentiel de guérison. Seul un patient sur six reçoit systématiquement les explications nécessaires sur les traitements qui lui sont prescrits. A contrario, un sur trois n’en reçoit jamais…et curieusement, un sur trois aussi ne prend pas ces traitements. S’il est évident que le recouvrement n’est pas intégral, il y a fort à parier qu’il est important et que l’absence d’explications entraîne dans beaucoup de cas la non-observance.


Le sujet que nous venons d’aborder est encore tabou et lorsque nous avons créé au printemps dernier www.MediEval4i.com, ce site d’évaluation des médecins par leurs patients -le premier indépendant- a été fraîchement accueilli par certains médias se déclarant indignés par la ‘dictature’ de l’évaluation, tandis que l’accueil du corps médical a été globalement bon et celui des patients, enthousiaste. Les patients, qui ne sont pas tous des bobos parisiens, ont plébiscité à 66% cette initiative. Comme toujours dans une nouvelle civilisation où la transparence de l’information est la règle, ce sont eux qui ont raison et nous continuerons à nous battre à leurs côtés pour faire la lumière sur toutes les pratiques inappropriées.


La crise des urgences a montré qu’il n’y avait rien à attendre des institutions qui dirigent le système de santé, en dehors de discours creux, et que les changements devront être imposés par la base au sommet (bottom up) et non l’inverse (top down) si l’on veut que la situation s’améliore après 20 ans de régression continue. Les néopatients ont déjà pris conscience qu’ils n’avaient d’autre choix que de prendre soin de leur santé eux-mêmes en développant individuellement des stratégies d’accès à l’information de qualité et en utilisant tous les moyens de la révolution digitale ; nous avons bien l’intention de les y aider et de leur faire gagner beaucoup de temps dans ce parcours du combattant.



A suivre : Le saviez-vous ? #5

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