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Le saviez-vous ? #3 - 1 malade sur 3 ne prend pas les médicaments qui lui sont prescrits

Une perte de chances pour les malades et un énorme gâchis financier pour la collectivité…


Il convient tout d’abord de préciser les concepts associés à l’observance au sens large afin de mieux appréhender ses manquements chez les patients. La persistance correspond à la durée pendant laquelle le patient suit son traitement. La compliance mesure la conformité de la prise du traitement par le patient avec la prescription réalisée par le professionnel de santé. L’observance thérapeutique consiste en une approche comportementale positive du patient, activement impliqué aussi bien dans le respect de ses posologies que dans l’adoption et le suivi, dans son mode de vie, des bonnes pratiques liées à son traitement. Enfin, l’adhésion thérapeutique implique une collaboration active et pérenne entre le patient éclairé et son professionnel de santé pour définir le parcours thérapeutique, qu’il s’agisse du suivi médical, des règles hygiéno-diététiques ou du traitement médicamenteux.


Du fait de l’autorité naturelle des médecins prescripteurs, de l’absence d’obstacles financiers majeurs à l’accès aux traitements en France et de l’enjeu — rémission voire guérison — que représente l’observance pour le patient, celle-ci devrait aller de soi. Pourtant, les nombreuses études visant à évaluer le niveau d’observance des patients montrent au contraire un taux très élevé de non-respect des traitements, y compris dans le cas de maladies très graves.


Ainsi, l’observance aux trithérapies constatée en France chez les patients atteints du sida n’est que de 64 %. De même, seuls 66 % des transplantés rénaux suivent encore les traitements permettant la survie de leur greffe deux ans après celle-ci.

Plus généralement, on estime qu’environ 25 % des médicaments prescrits par les médecins ne seraient jamais consommés par les patients. Ce défaut d’observance peut être objectivé selon deux grandes phases.


La non-observance primaire a fait l’objet de plusieurs études à partir de bases de données publiques et privées de prescription et de délivrance. L’une d’elles a ainsi démontré que les prescriptions d’initiation de traitement pour des pathologies chroniques telles que l’hypertension, le diabète ou l’hyper- cholestérolémie n’étaient pas suivies dans environ 20 % des cas. Le constat est le même concernant les prescriptions de suivi tout au long de la pathologie, puisqu’elles ne seraient pas respectées dans 34% des cas chez ceux qui souffrent d’hypercholestérolémie.


La non-observance secondaire a, elle aussi, fait l’objet de plusieurs études scientifiques, basées sur la mesure du suivi effectif des traitements par les patients. En utilisant une méthode unique de comparaison des taux d’observance pendant la première année du parcours thérapeutique de plusieurs pathologies chroniques, une étude a démontré que le taux de patients réellement observants (soit plus de 80 % des médicaments pris conformément à leur prescription) varie selon les pathologies : 72 % pour l’hypertension, 65 % pour le diabète, 51 % pour l’ostéoporose et autour de 40 % pour la goutte.


Au total, au moins 1 patient sur 3 ne prend jamais ses médicaments ou ne les prend pas avec une régularité suffisante pour qu’ils soient efficaces. Il en résulte une perte de chances pour les malades et un énorme gâchis financier pour la collectivité.


Comment en est-on arrivé là ? L’enquête Harris Interactive pour Medicine4i montre qu’au-delà des aspects psychologiques et sociaux largement mis en avant jusqu’ici dans les études « scientifiques », la responsabilité du corps médical est clairement engagée et explique au moins en partie le faible taux d’observance par les patients de leurs traitements médicamenteux. Théoriquement, le Code de la santé publique et le Code de déontologie médicale prévoient pour les médecins une obligation d’explication transparente des traitements prescrits. Or dans la réalité, cette obligation n’est respectée systématiquement que dans 1 cas sur 6.


Pour justifier cet état de fait, le corps médical se réfugie derrière un effet « nocebo » : une explication trop précise conduirait à amplifier les effets indésirables pour le patient et il serait donc dans son intérêt de rester dans l’ignorance. Nous n’avons trouvé dans la littérature internationale aucune étude sérieuse venant à l’appui de cette thèse.


La vraie raison de ce déficit d’information, qui explique au moins en partie le niveau élevé de non-observance des traitements médicamenteux, est plus vraisemblablement l’absence de formation continue et le retard technologique d’une profession médicale dont la moyenne d’âge (55 ans environ) est particulièrement élevée. La pharmacopée actuelle comprend plusieurs milliers de molécules et il est rigoureusement impossible pour un médecin traitent de maîtriser cette complexité sans avoir recours à des outils digitaux sophistiqués.


Ce que nous venons de décrire montre une nouvelle fois la nécessité de briser enfin le tabou de la qualité des médecins et de les évaluer de manière transparente. C’est la raison pour laquelle nous avons créé MediEval4i.com, premier site gratuit et indépendant d’évaluation des médecins par leurs patients. Nous prendrons d’autres initiatives, dans le domaine du médicament notamment, pour donner aux patients l’information dont ils ont besoin pour prendre sereinement et en confiance les traitements qui leur sont prescrits ou pour challenger leurs médecins et leur demander des solutions alternatives si ce qui leur est jusqu’ici imposé comporte des effets secondaires trop lourds.


A suivre : Le saviez-vous ? #4

https://medieval4i.com/fr/