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La crise des urgences #3 : Les urgences, une alternative à la médecine de ville

Mis à jour : 27 sept 2019

Difficulté d’obtention de RDV, refus de prise en charge, réalisation de l’ensemble des examens sur place… Les raisons du recours aux urgences sont nombreuses.


Une enquête statistique de la DREES de juin 2013 permet d’identifier la responsabilité des défaillances de la médecine de ville sur le recours aux urgences. En effet, dans 27% des cas, il a été jugé que le recours aux urgences aurait pu être évité en cas de consultation d’un médecin généraliste ou spécialiste dans la journée, avec ou sans examen complémentaire. (http://www.data.drees.sante.gouv.fr/TableViewer/tableView.aspx?ReportId=1201).


Plus récemment, une autre enquête commandée par la Fédération Hospitalière de France à l’institut Ipsos dans le cadre du grand débat national (https://www.fhf.fr/Presse-Communication/Espace-presse/Communiques-de-presse/Resultats-de-la-consultation-organisee-par-la-FHF-et-IPSOS-dans-le-cadre-du-Grand-Debat-National-sur-l-etat-des-lieux-du-systeme-de-sante-et-les-choix-des-Francais-pour-le-reformer) a livré également quelques enseignements sur ce sujet. La FHF relève notamment :


· un recours relativement élevé aux services des urgences : plus d’un Français sur quatre déclare s’y être rendu au cours de la dernière année (29%)

· que plus de quatre Français sur dix déclarent avoir déjà eu recours aux urgences pour des raisons que la FHF considère comme inadéquates : difficulté d’obtention de RDV, refus de prise en charge, facilité et praticité, réalisation de l’ensemble des examens, etc.


Plus précisément, on y apprend que près d’un interviewé sur quatre déclare y être allé parce qu’il ne savait pas à qui s’adresser en dehors du service d’urgence de l’hôpital (24%) et qu’un sur cinq dit y être allé tout simplement parce qu’il est possible d’y réaliser sur place tous les examens complémentaires à faire en cas de nécessité (21%).


Dans son rapport de 2017, le Sénat note que « selon la Cour des comptes, 43 % des passages aux urgences relèvent d'une simple consultation médicale, et 35 % auraient pu obtenir une réponse auprès d'un médecin généraliste. La Cour des comptes a souligné (…) que l'on ne pouvait pas pour autant parler d'un « réflexe » vers les urgences de la part de nos concitoyens : on retrouve en effet parmi les patients des services un pourcentage important de personnes ayant entamé un parcours de soins en médecine libérale, et qui, n'y ayant pas trouvé de réponse (ou alors une réponse jugée inadaptée, s'agissant par exemple des délais de rendez-vous et de réalisation des examens complémentaires) se tournent vers les services d'accueil des urgences. »


Cette estimation de la Cour des comptes (43% de passages évitables) est la plus haute que l’on trouve dans la littérature sur le sujet. Tout indique donc que les urgences sont devenues, pour au moins un tiers de leurs usagers et peut-être pas loin de la moitié si l’on s’en tient à l’estimation la plus haute (Cour des comptes), une alternative à la médecine de ville, plus facile et rapide d’accès, plus efficiente en termes de parcours de soins (possibilité de consulter et réaliser les examens complémentaires, pour lesquels les délais sont souvent très longs en ville) et entièrement gratuite.


Elles sont de ce fait confrontées à une tâche impossible, dans la mesure où elles ne sont pas dimensionnées pour une telle mission et où les pouvoirs publics ne lui donneront pas les moyens nécessaires compte tenu du coût considérable que cela représenterait pour la collectivité : selon différentes études, une prise en charge aux urgences coûte trois fois plus cher qu’en ville.


Pour ne pas être complètement surchargées, elles ont recours à l’hospitalisation de manière croissante (malgré un doublement du recours aux urgences en 20 ans, la proportion de patients hospitalisés est restée invariante, soit 20 %). La crise des urgences est en train de s’étendre à l’hôpital dans sa globalité, ce qui met en péril le système de santé dans son ensemble.


A suivre : La perception des Français concernant les urgences s’est dégradée