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La crise des urgences #2 : la médecine de ville en cause

Mis à jour : 26 sept 2019

Pourquoi les urgences sont devenues la destination préférée des patients


La crise systémique de la médecine de ville a cependant des impacts sur les urgences qui vont bien au-delà de celui lié au retrait des médecins libéraux de la permanence des soins. Selon les données issues de précédentes études menées entre 2011 et 2019 par IFOP pour jalma et par Harris Interactive pour Medicine4i (https://www.lemonde.fr/sante/article/2019/06/11/delais-de-rendez-vous-prise-en-charge-medicale-l-inegalite-de-l-acces-aux-soins-est-aussi-sociale_5474586_1651302.html), les délais d’attente pour accéder à un médecin spécialiste ont augmenté de 50 %, passant de 44 à 67 jours en moyenne avec des écarts régionaux considérables, or examens complémentaires. Une consultation de spécialiste sur 4 dure moins de 15 min et 1 patient sur 3 ne reçoit aucune information sur les traitements prescrits.


Une enquête statistique de la DREES réalisée sur la journée du 11 juin 2013 a permis de collecter des informations sur 52018 passages aux urgences au sein de 734 structures d’urgences générales et pédiatriques (https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er889.pdf). Parmi les informations recensées dans cette enquête, plusieurs portent sur les raisons du recours par les patients aux services d’urgences.


On y apprend d’abord que près d'un tiers (32 %) des patients accueillis ont fait des démarches auprès de professionnels de santé dans les 24 heures précédant leur arrivée au service, le plus souvent auprès d'un médecin (76 % de ces patients).


La DREES identifie par ailleurs 4 grandes catégories de motivations conduisant le patient à choisir de se rendre aux urgences :

- (1) la décision de se rendre aux urgences « clairement décidée pour un motif médical » regroupe les cas où les urgences constituent le lieu de soins qui apparaît médicalement le plus adapté au problème de santé ;

- (2) l’accessibilité aux soins renvoie à une décision motivée par la facilité d’accès des urgences, en termes de proximité géographique, de disponibilité de plateau technique, d’horaires ou encore de gratuité ;

- (3) le recours aux urgences en deuxième choix (ou par défaut) décrit les situations où le patient s’adresse aux urgences en raison de la difficulté ou de l’impossibilité de trouver une réponse au sein de l’offre libérale de soins ;

- (4) enfin, les autres circonstances concernent notamment les cas où le patient est amené par les pompiers ou le SAMU.


Le motif médical (1), qu’il soit réel ou ressenti, concerne près de 80% des patients. Environ 60% évoquent une question relative à l’accessibilité des soins (2), catégorie qui recouvre de nombreuses motivations, dont une concernant 10% environ des patients, à savoir le fait que les urgences sont une solution plus rapide que celle de la recherche d’un rendez-vous avec un médecin de ville.


Si le fait d’être amené directement par les services de secours (4) ne concerne qu’à peine plus de 10% des cas, le recours aux urgences en deuxième choix (3), du fait de l’absence du médecin traitant ou de l’impossibilité d’effectuer un examen jugé nécessaire rassemble un peu plus de 20% des patients. Le recours aux urgences pour des raisons de facilité d’accès est en réalité commun aux motivations des usagers (2) et (3) et concerne ainsi au moins 30 % d’entre eux et sans doute même davantage…


A suivre : une crise globale du système de santé